Paris en août, c’est pas l’emphase, Marie-poupette n’est plus en phase.


 En cette fin d’août, Paris reste désespérément dépeuplé pour Marie-Poupette Danlasoy, authentique mondaine addict.

Paris en août © Nathalie Tiennot

Paris en août © Nathalie Tiennot

Son épisode « littérature people & rosé frais », n’a pas eu l’effet escompté. Migraineuse, nauséeuse, suspicieuse, l’abus du petit rosé de l’épicier du coin et son overdose de témoignages vécus ont transmuté l’ambiance paisible du Marais en véritable thriller à suspens : le gérant du bar à dents veut-il la violer ? Le chat de la voisine héberge t’il le nourrisson de l’esthéticienne ? Est-elle nymphomane ? Bref, la probabilité de croiser un détraqué est à son maximum…

2 ibuprofènes infusés dans une tasse de thé vert équitable et Marie-poupette s’impose un plan de survie pour « mondanités en crise & socialisation en détresse ». Ratisser large et trouver du monde à qui parler, si possible en dialecte Parisien & avec du Parisien.

Direction Canal de l’Ourcq pour « danser sur l’eau grâce au retour des Bals Barges, un moment de guinche festive qui redonne au bal sa vocation naturelle, celle de la rencontre spontanée et sincère. » 

Au préalable, détour par Perrotin, Enki Bilal aux Arts & Métiers & Lichtenstein à Beaubourg…

Galerie Perrotin, Paris, marais © Nathalie Tiennot

Galerie Perrotin, Paris, marais © Nathalie Tiennot

Marie-Poupette & Lichtenstein. Beaubourg 2013 © Nathalie Tiennot

Marie-Poupette & Lichtenstein.
Beaubourg 2013 © Nathalie Tiennot

Fin de soirée. Jaurés.

Marie-Pé a parigoté avec un tas d’inconnus (qui le resteront, nous sommes à Paris, tout de même !). Heureuse et repue de ses rencontres sincèrement spontanées et profondément éphémères, elle rentre dans son Haut-Marais. La chaleur lui fait repousser l’idée d’un métro. Pas de taxis. Pas de vélibs.

Une autolib. Une seule.

Arrivée à la borne, Marie-Pé découvre un grand brun (pour une si petite voiture) déjà installé au volant. Echange de sourires courtois.

–  « La déception se lit sur votre visage, mademoiselle. Je peux peut-être vous déposer si vous êtes sur mon parcours ? « 
– « Je vais dans le Marais, vers Saint-Paul et vous ? »
– « Quel délicieux hasard ! Moi, place des Vosges. Je vous raccompagne ? »

Il a du charme ce dandy aux cheveux longs. Elle l’étudie discrètement, tout en parlant de cette coïncidence de résidence, d’Enki Bilal et de tango argentin. Il en impose avec son allure faussement déglingue. Elle l’écoute, fascinée par sa voix douce et posée. Il lui parle de Paris (leur ville), de son parcours, des carences de parisiennes, de son métier « atypique ». Il porte autour du cou un genre de sautoir fait d’un lacet de cuir à la longueur étudiée au bout duquel pendent un méli-mélo de talismans, clé, alliance, le tout formant un intriguant bijou de plexus. Marie-Poupette le trouve « classe ».

– « Donc, vous êtes Styliste de l’intime & Designer du mental ? Cela a l’air passionnant, et où exercez-vous ? »
– « Place des Vosges, mon cabinet est le rendez-vous de toutes les personnalités influentes en recherche de la construction de leur propre style. »
–  « Ah bon ! Et vous vous appelez ? »
– « Bernââârd. Bernard Gefoirec. Je suis breton de catalogne. Je vous propose de nous revoir prochainement. Passez me voir à mon cabinet, vous êtes à deux pas ! »

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